La maladie du Poumon De Fermier (PDF) est en France la PHS la plus fréquente. D'autres PHS peuvent être observées en fonction du contexte professionnel : maladie des éleveurs d'oiseaux, maladie des champignonnistes, maladie de fromagers, PHS liées au travail du bois, etc. La fréquence du PDF a été évaluée dans le Doubs à près de 2% des producteurs laitiers exposés. Le PDF est dû à l'inhalation chronique de moisissures qui se développent dans les végétaux (généralement le foin) stockés insuffisamment secs.

L'affection est ainsi fréquente dans les zones de production laitière froides et humides où les hivers et la stabulation du bétail sont longs. La pluviométrie durant la fenaison est certainement le principal facteur de risque de cette affection. L'incidence des cas de PDF est par ailleurs significativement corrélée à la densité en campagnols. La pullulation de ces rongeurs favorise la présence de terre et d'humidité dans le foin et par la même occasion la prolifération de microorganismes pathogènes. On décrit une forme aiguë qui réalise un syndrome pseudo-grippal d'apparition semi-retardée (de 4 à 10 h) après exposition antigénique ; une forme subaiguë ou progressive dans laquelle les symptômes (toux, essoufflement) s'accompagnent volontiers d'une altération de l'état général avec amaigrissement ; une forme chronique ou compliquée qui correspond à une maladie évoluée au stade d'insuffisance respiratoire chronique par fibrose pulmonaire ou par emphysème. L'existence de râles crépitants est constante à tous les stades de la maladie. Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'une infiltration radiologique micronodulaire et en verre dépoli bilatérale, entrecoupée d'hyperclartés de trappage bronchiolaire.

Ces signes sont en tomodensitométrie thoracique relativement spécifiques. La mise en évidence d'une alvéolite lymphocytaire au lavage alvéolaire (réalisé lors d'une fibroscopie bronchique) est constante, mais n'est pas totalement spécifique. La sérologie enfin est un test très utile, qui lorsqu'elle est réalisée avec des techniques et un panel d'antigènes appropriés, offre un bon compromis sensibilité/spécificité, de l'ordre de 70%. L'existence d'un trouble ventilatoire restrictif et d'une hypoxie d'effort, parfois de repos dans les formes évoluées, est fréquente mais sans spécificité par rapport aux autres étiologies de pneumonie interstitielle. Un trouble ventilatoire obstructif est possible. Une insuffisance respiratoire survient en moyenne dans 30% des cas. Elle est favorisée par la poursuite de l'exposition. L’évolution peut se faire vers une fibrose pulmonaire ou un emphysème en fonction du type (antigènes) et du mode d’exposition (intermittent ou permanent). L'éviction antigénique doit être complète au cours des premiers mois. Les corticoïdes par voie générale accélèrent la guérison mais sont réservés aux formes sévères. La poursuite des activités professionnelles chez les exploitants agricoles est possible sous réserve de réaménagement des conditions de travail et/ou du port de masques de protection respiratoire.