Un excès de bronchite chronique a été mis en évidence dans la plupart des secteurs agricoles et notamment en milieu de production laitière. Un sur-risque de BPCO a été observé en France dans les secteurs d’élevage de porcs, de volailles ainsi que chez les producteurs laitiers franc-comtois. Ce sur-risque n’apparaît pas chez les éleveurs de bovins bretons. A tabagisme égal, le risque de BPCO est environ 2 fois plus élevé dans les secteurs sus-cités que dans la population générale. Cette BPCO n'a pas de spécificité clinique ou fonctionnelle avérée, si ce n'est que l'évolution vers une insuffisance respiratoire sévère est plus rare que dans la BPCO tabagique. Les symptômes associent toux, expectoration, puis dyspnée. Les signes d'hyperréactivité bronchique (quintes de toux, sifflements...) semblent cependant plus fréquents que dans la BPCO tabagique, de même que l’atopie.

Ce pourrait être les microorganismes et les toxines développés dans le foin, qui produisent une inflammation des petites bronches, puis des lésions assez proches de celles observées dans la BPCO tabagique. Un programme de recherche dénommé BALISTIC est en cours en Franche-Comté, dont l’objectif principal est de caractériser précisément cette BPCO agricole, d’en comprendre les mécanismes physio-pathologiques, en particulier immunologiques, et de tracer à terme des pistes de prévention. Les 1ers résultats suggèrent une maladie prioritairement bronchique, sans destruction de type emphysémateux, et des mécanismes qui feraient intervenir des phénomènes immunologiques de type Th2. La BPCO agricole peut être traitée par des bronchodilatateurs, voire des anti-inflammatoires, comme la BPCO tabagique. La réduction de l'exposition aux poussières organiques est bien sûr conseillée. D’un point de vue médico-légal, il est exceptionnel qu’une BPCO puisse être reconnue en maladie professionnelle, dans la mesure où cette pathologie n’est pas inscrite dans les tableaux. La nécessité de prouver une relation directe et essentielle entre l’exposition et la maladie limite considérablement les possibilités de réparation. L’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) permet de poser le diagnostic après bronchodilatation.

 

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